lundi 18 octobre 2010
dimanche 10 octobre 2010
mercredi 15 septembre 2010
J'aime - Je n'aime pas.
Si j'ai été plutôt ravie de rentrer en France, et ai mis peu de temps pour me réadapter à ma vie ici, je n'en ai pas pour autant fait une croix sur mon expérience aussi facilement. C'est resté bien ancré dans ma tête, silencieusement, pendant que j'étais affairée à mille autres choses.
Et puis, il n'y a pas si longtemps, en tapant mon rapport, je me suis souvenue de beaucoup de choses, au point que la Chine a commencé à me manquer. J'ai eu vaguement envie de tout revivre, en sachant cela impossible. J'ai retrouvé en France des casquettes-ventilos et des gâteaux fourrés à la crème pâtissière ou au chocolat, que je ne pensais pas revoir en dehors des frontières chinoises. Et pourtant, si ! Des petits détails insignifiants qui me collent pourtant un bête sourire sur le visage quand je les vois. Ça fait partie de "ma" Chine.
En guise de séquence nostalgie, donc, un petit bilan "J'aime - J'aime pas" de deux mois et demi en Chine !
J'aime :
♦ L'ambiance générale de la Chine telle qu'elle est apparue sous mes yeux, et sous des aspects très très divers. Des gens à l'allure détendue, des couples bras dessus bras dessous qui marchent en riant dans les rues, des rues modernes aux magasins rutilants et deux pas plus loin, les quartiers populaires où se rassemblent les petits commerces et restaurants plus rudimentaires aux affiches défraîchies, la mer, la montagne, une diversité hallucinante de paysages, de villes, d'ambiances.
♦ L'esprit de groupe, la solidarité qui existe entre les Chinois que j'ai pu rencontrer. Les étudiants de l'université semblaient assez proches, et faisaient pas mal d'activités ensemble. Je trouve ça positif.
♦ Qingdao. Cette ville est fantastique. Elle se laisse apprivoiser facilement, et on en découvre toujours quelque chose chaque jour. Qingdao et son bord de mer envié, ses plages si prisées l'été. Qingdao et les monts qui la transpercent de part et d'autre, et Laoshan à l'est pour ajouter une touche de majesté à l'endroit. Qingdao et son centre aux mille boutiques et restaurants dignes d'intérêt. Qingdao si grande qu'on ne la connaîtra jamais par coeur. Qingdao que j'aime ♥
♦ Lié au point précédent, ma vie quotidienne là-bas. Notre petit appartement à Caro et moi, nos préoccupations essentielles de la journée ("On mange quoi ce soir ?"), les soirées makizushi, la sauce soja élevée au rang de divinité, suivie de près par l'autocuiseur, le béni Carrefour où on allait faire les courses, le marché et les sourires des vendeurs qui ne voient pas des laowai tous les jours, la rue Nanjing Lu à remonter la nuit quand tous les néons et toutes les lumières sont allumés, le trajet si familier à bord du bus 125, les cours à l'AF, le retour à la maison avec l'iPod diffusant des chansons coréennes, les restos sympas derrière MyKal, et toutes les virées touristiques au but plus ou moins établi à l'avance.
♦ Les autres villes que j'ai visitées : Pékin, Xi'an, Chengdu, Leshan. Le Guide du Routard a été mon ami, surtout pour les trois dernières où je suis partie à l'aventure, voguant entre plusieurs auberges de jeunesse de ville en ville. J'ai vécu des expériences formidables, pris de belles photos, rencontré des gens adorables au moment où je m'y attendais le moins. Ce sont de beaux souvenirs, que je voudrais renouveler durant un futur voyage-retour en Chine.
♦ La nourriture. On peut dire que j'ai bien mangé en Chine. Mes chers baozi, jiaozi, ainsi que les algues et poissons séchés de Qingdao vont me manquer, car on les trouve beaucoup moins facilement en France. Et je ne parle évidemment pas des petits boui-bouis vendant des brochettes de viande et de légumes dans la rue ou dans une minuscule échoppe, ou des petits restos au confort rudimentaire mais à la nourriture excellente, choisie au hasard sur la carte en chinois. Et les glaces à profusion payées trois fois rien.
♦ La vie si peu chère en Chine, tout paraît si accessible à la petite Occidentale que je suis...
Je n'aime pas
♦ Le volume sonore moyen que produit un Chinois lambda en pleine discussion est assez difficile à digérer...je persiste à trouver qu'ils parlent fort en général, et c'est pas très reposant (même si on s'habitue ^^).
♦ Le fait de ne pas pouvoir communiquer pleinement avec des Chinois non-francophones ou non-anglophones. Je n'ai pas eu l'occasion d'apprendre réellement le mandarin, et même si je savais dire des phrases basiques pour répondre à des besoins immédiats, c'est quand même frustrant de ne pas parler la langue du pays où l'on se trouve...
♦ Les voitures sont reines en Chine, et le piéton a plutôt intérêt à avoir de bonnes jambes pour traverser le plus vite possible, parce que ça redémarre au quart de tour sur les larges routes chinoises...le nombre de fois où j'ai eu envie de brailler contre les conducteurs qui n'en ont absolument rien à faire des piétons !
♦ La Chine c'est quand même très grand. C'est pas pratique de voyager sur de courtes durées quand on sait le temps que ça prend dans les transports les moins chers (pour aller d'une grande ville à l'autre, on peut facilement passer plus de 24h dans le train notamment) alors forcément on claque plus d'argent dans l'avion, qui couvre les distances en un temps record. Et puis c'est si grand qu'il a trop de choses à voir, et quand on a pas beaucoup de temps, il faut choisir, et le moins qu'on puisse dire, c'est que c'est un choix cornélien ! XD
Bon, j'éditerai éventuellement si d'autres choses me viennent à l'esprit, mais voilà, j'ai quand même beaucoup apprécié ce voyage dans l'ensemble. Qingdao me manque un peu, et la grande question reste tout de même "Quand vais-je bien pouvoir y retourner ?"
mardi 24 août 2010
Enfer post-retour.
Un peu plus d'un mois que je suis rentrée en France, pour moi c'est à peine croyable...
La Chine me manque par moments, mais je suis affairée à moult autres choses en notre contrée et cela m'évite de rester trop longtemps nostalgique.
En fait, les billets promis tardent un peu, car je suis en pleine rédaction de mon rapport de stage, passage obligé relativement stressant par ailleurs.
Du coup, je ne reprendrai le blog que l'esprit libéré de ce fardeau ! C'est-à-dire à la mi-septembre.
Voilà~
dimanche 25 juillet 2010
Retour.
J'ai l'impression d'être bloquée entre deux réalités : j'ai si bien repris ma vie quotidienne comme si de rien n'était que j'ai l'impression de n'être jamais partie d'ici, et pourtant je sais que mon séjour en Chine a duré suffisamment longtemps pour me laisser des souvenirs impérissables. On dirait pourtant que quand je voyage, j'entre dans des dimensions parallèles dans chaque nouvelle ville, dans chaque nouveau pays, qui se referment une fois le séjour terminé. Ce n'est pas spécialement difficile de revenir à la vie "à la française" après trois mois en Asie. Dans le fond, mon petit quotidien bien huilé en Chine me manque un peu, bien sûr. La quasi-certitude d'y retourner un jour me suffit cependant pour apprécier les souvenirs que j'en ai gardé.
Je posterai encore quelques billets qui récapitulerons mes impressions sur ce voyage, et puis....ben ce sera la fin....momentanément, qui sait...
jeudi 15 juillet 2010
Vers la fin.
Xi'an tout d'abord, capitale de la province du Shaanxi, avec son armée enterrée si impressionnante que j'ai visitée juste après avoir déposé mes affaires à l'auberge de jeunesse. Un peu moins majestueux et magique que ce que j'imaginais, mais tout de même, qui resterait insensible à la vue de plus de 1000 soldats de terre cuite, aux visages affinés avec soin et aux armures imposantes, mis au jour dans une fosse immense qui en compte peut-être encore plusieurs milliers ? Je suis contente d'avoir entrevu un fragment de l'histoire de la Chine, probablement l'un des plus célèbres depuis quelques années, mais surtout l'un des plus fous ; car pour qu'un jeune empereur commandite l'élaboration d'une immense armée fictive pour le protéger dans l'autre monde à sa mort, il fallait bien un brin de folie, vu l'ampleur du chantier...mais c'est tout bénéfice pour le touriste d'aujourd'hui qui en reste béat d'admiration...!
Retour dans la ville même de Xi'an, avec une promenade sur les remparts de la ville ancienne, et les jardins qui l'entourent. Un beau coucher de soleil pour couronner le tout, et de belles vues sur la ville parée de ses plus beaux éclairages.
Le lendemain, la Tour du Tambour s'est révélée fort instructive, tout comme ma petite promenade dans le quartier Hui de la ville. Les Hui forment une ethnie chinoise musulmane. A Xi'an, ils occupent une partie de la ville avec des échoppes très colorées, aux enseignes à la fois en arabe et en chinois, qui est bien entendu très visitée des touristes. J'ai pu reconnaître pas mal de Hui grâce aux petits chapeaux blancs ou de couleur pâle que les hommes portent presque toujours, et par le fait que la plupart des femmes sont voilées, ou ont du moins un foulard qui retient une grande partie de leurs cheveux. La visite de la Grande Mosquée de Xi'an, haut lieu du culte musulman en Chine, et probablement l'une des plus anciennes du pays, m'a particulièrement plue. C'était la première fois que j'entrais dans l'enceinte d'une mosquée (comprendre ici tous les espaces dans l'enceinte du lieu sacré sauf la salle de prière, bien entendu). L'endroit était fascinant, car l'ensemble est agencé comme un temple bouddhiste, avec des cours, des portes et des pavillons au toits en forme d'ailes d'hirondelle, dans le respect de la tradition chinoise. Mais ça et là, quelques piqûres de rappel : sur les murs et les stèles, des inscriptions en arabe, des porches et des bas-reliefs suivant la tradition musulmane. Ce mélange de cultures que l'on pourrait penser improbable m'a fascinée. Dans cette mosquée, il régnait une atmosphère sereine. Peu de visiteurs, quelques gazouillis d'oiseaux, de quoi profiter largement du lieu. Moment assez impressionnant aussi, c'était l'heure de la prière. Les fidèles étaient tous assis dans l'immense salle de la mosquée, certains retardataires sont arrivés en courant tandis que les autres commençaient les rituels de prière, rythmés par la voix de l'imam qui est également diffusée à l'extérieur de la mosquée grâce à des haut-parleurs. J'ai été un peu intimidée lorsque les hommes sont ensuite sortis de la mosquée, puis, sur un dernier appel de l'imam, se sont tournés de nouveau vers la salle de prière, et sont restés là, debout, immobiles, les mains levés, les paumes tournées vers leur visage. Je les ai regardé faire, ne sachant plus trop où me mettre. Mais ça a été un moment particulier, j'en suis contente.
Après Xi'an, et après avoir bien failli me retrouver sans-portefeuilles-fixe pendant deux minutes (volé par un enfant qui n'a opposé aucune résistance quand il a été pris sur le fait), je me suis envolée pour Chengdu. Une ville située au coeur du Sichuan, au centre de la Chine, région où il pleut 220 jours par an. Effectivement, le Sichuan, c'est vert ! Et il a plu régulièrement pendant mes deux jours et demi là-bas. Chengdu est une ville plutôt moderne, finalement pas si intéressante que ça historiquement parlant. Je n'y ai pas visité de temples, mais une rue "à l'ancienne", reconstruite dans le respect des traditions, certes, mais complètement récente, et terriblement touristique par-dessus le marché. Mais la ville offre de belles promenades dans ses divers parcs et le long de la rivière qui la traverse. J'ai aussi assisté à une représentation d'opéra du Sichuan, constitué de divers arts martiaux, arts du thé, marionnettes, spectacles comiques, et surtout du fameux changement de masques (huanmian) dont personne ne connaît le secret à part ceux qui le pratiquent depuis des siècles. Une belle expérience que de pénétrer un peu plus dans la culture chinoise (et sa diversité !) malgré le contexte "pour touristes" du spectacle ; c'était quand même bien beau.
vendredi 9 juillet 2010
Dernier voyage.
Eh voilà, je viens de finir aujourd'hui mon dernier jour de stage à l'AF de Qingdao. Ce fut une journée bien sympathique, et j'ai déjà de belles photos souvenirs. Ça va assurément me manquer. Cette première expérience a été on ne peut plus positive, j'étais dans un cadre vraiment idéal pour une première fois en tant que prof, et je ne regrette absolument pas d'avoir choisi depuis si longtemps d'aller en Chine. Je m'étendrai plus sur ce que je retiens de ce séjour dans un prochain billet.
Avant ça, mercredi, j'ai passé un bout d'après-midi avec Yann qui m'a appris quelques petites astuces de photographies pas mal utiles. On a passé pas mal de temps à tester mon Reflex en immortalisant les exploits à vélo des petits garçons et petites filles qui jouaient sur la petite place tout près de son immeuble. Les enfants d'ici sont sensiblement comme les nôtres, tout en facéties et en grands éclats de rire et courses poursuite. C'était sympa comme tout.
Jeudi, j'ai animé une petite présentation de la fête nationale française. Cette petite conférence s'est bien déroulée, je suis contente, je l'ai pas mal orchestrée. C'est surtout grâce à la stagiaire qui a bien voulu faire l'interprète que j'ai une aussi bonne impression. Sans elle, la compréhension de certains mots compliqués aurait été plus hardue. Les étudiants ont eu l'air d'apprécié l'histoire et les traditions de ce jour de fête, en tout cas !
Aujourd'hui samedi, je pars pour la ville de Xi'an, dans la province du Shaanxi. J'y reste a priori deux jours, puis je pars pour Chengdu, dans le Sichuan, pour quelques jours également, avant de retourner à Qingdao et profiter des derniers jours sereinement. Un dernier petit voyage, un peu de détente, avant de grimper dans l'oiseau de fer qui me ramènera en notre verte contrée française.Je me prépare à partir tout en pensant à ma petite mamie si fragile qui est à l'hôpital en ce moment, car ça y est, son corps s'affaiblit, et j'ai peur qu'on entame une période difficile à présent. C'est un sentiment assez douloureux quand on est à 9000 km de sa famille et qu'on dépend des bribes d'informations qu'on veut bien nous transmettre.
Haut les coeurs, j'irai prier pour le rétablissement de ma mamie dans un temple bouddhiste, quelque part dans le Sichuan. Sans ferveur aucune, mais on se raccroche à ce qu'on peut.
