dimanche 25 juillet 2010

Retour.

Eh voilà, cela fait déjà cinq jours que j'ai retrouvé mon chez-moi français, qui n'a guère changé en trois mois et que je retrouve tout de même avec plaisir.
J'ai l'impression d'être bloquée entre deux réalités : j'ai si bien repris ma vie quotidienne comme si de rien n'était que j'ai l'impression de n'être jamais partie d'ici, et pourtant je sais que mon séjour en Chine a duré suffisamment longtemps pour me laisser des souvenirs impérissables. On dirait pourtant que quand je voyage, j'entre dans des dimensions parallèles dans chaque nouvelle ville, dans chaque nouveau pays, qui se referment une fois le séjour terminé. Ce n'est pas spécialement difficile de revenir à la vie "à la française" après trois mois en Asie. Dans le fond, mon petit quotidien bien huilé en Chine me manque un peu, bien sûr. La quasi-certitude d'y retourner un jour me suffit cependant pour apprécier les souvenirs que j'en ai gardé.

Je posterai encore quelques billets qui récapitulerons mes impressions sur ce voyage, et puis....ben ce sera la fin....momentanément, qui sait...

jeudi 15 juillet 2010

Vers la fin.

Quatre jours et demi. Un temps infiniment court pour tenter d'approcher de plus près la multitude de cultures, de villes, de paysages que l'on trouve dans ce pays. Je pense que j'en ai eu un bon aperçu, qui me donne réellement envie de revenir ici pour continuer ce voyage tout juste entamé.

Xi'an tout d'abord, capitale de la province du Shaanxi, avec son armée enterrée si impressionnante que j'ai visitée juste après avoir déposé mes affaires à l'auberge de jeunesse. Un peu moins majestueux et magique que ce que j'imaginais, mais tout de même, qui resterait insensible à la vue de plus de 1000 soldats de terre cuite, aux visages affinés avec soin et aux armures imposantes, mis au jour dans une fosse immense qui en compte peut-être encore plusieurs milliers ? Je suis contente d'avoir entrevu un fragment de l'histoire de la Chine, probablement l'un des plus célèbres depuis quelques années, mais surtout l'un des plus fous ; car pour qu'un jeune empereur commandite l'élaboration d'une immense armée fictive pour le protéger dans l'autre monde à sa mort, il fallait bien un brin de folie, vu l'ampleur du chantier...mais c'est tout bénéfice pour le touriste d'aujourd'hui qui en reste béat d'admiration...!

Retour dans la ville même de Xi'an, avec une promenade sur les remparts de la ville ancienne, et les jardins qui l'entourent. Un beau coucher de soleil pour couronner le tout, et de belles vues sur la ville parée de ses plus beaux éclairages.

Le lendemain, la Tour du Tambour s'est révélée fort instructive, tout comme ma petite promenade dans le quartier Hui de la ville. Les Hui forment une ethnie chinoise musulmane. A Xi'an, ils occupent une partie de la ville avec des échoppes très colorées, aux enseignes à la fois en arabe et en chinois, qui est bien entendu très visitée des touristes. J'ai pu reconnaître pas mal de Hui grâce aux petits chapeaux blancs ou de couleur pâle que les hommes portent presque toujours, et par le fait que la plupart des femmes sont voilées, ou ont du moins un foulard qui retient une grande partie de leurs cheveux. La visite de la Grande Mosquée de Xi'an, haut lieu du culte musulman en Chine, et probablement l'une des plus anciennes du pays, m'a particulièrement plue. C'était la première fois que j'entrais dans l'enceinte d'une mosquée (comprendre ici tous les espaces dans l'enceinte du lieu sacré sauf la salle de prière, bien entendu). L'endroit était fascinant, car l'ensemble est agencé comme un temple bouddhiste, avec des cours, des portes et des pavillons au toits en forme d'ailes d'hirondelle, dans le respect de la tradition chinoise. Mais ça et là, quelques piqûres de rappel : sur les murs et les stèles, des inscriptions en arabe, des porches et des bas-reliefs suivant la tradition musulmane. Ce mélange de cultures que l'on pourrait penser improbable m'a fascinée. Dans cette mosquée, il régnait une atmosphère sereine. Peu de visiteurs, quelques gazouillis d'oiseaux, de quoi profiter largement du lieu. Moment assez impressionnant aussi, c'était l'heure de la prière. Les fidèles étaient tous assis dans l'immense salle de la mosquée, certains retardataires sont arrivés en courant tandis que les autres commençaient les rituels de prière, rythmés par la voix de l'imam qui est également diffusée à l'extérieur de la mosquée grâce à des haut-parleurs. J'ai été un peu intimidée lorsque les hommes sont ensuite sortis de la mosquée, puis, sur un dernier appel de l'imam, se sont tournés de nouveau vers la salle de prière, et sont restés là, debout, immobiles, les mains levés, les paumes tournées vers leur visage. Je les ai regardé faire, ne sachant plus trop où me mettre. Mais ça a été un moment particulier, j'en suis contente.


Après Xi'an, et après avoir bien failli me retrouver sans-portefeuilles-fixe pendant deux minutes (volé par un enfant qui n'a opposé aucune résistance quand il a été pris sur le fait), je me suis envolée pour Chengdu. Une ville située au coeur du Sichuan, au centre de la Chine, région où il pleut 220 jours par an. Effectivement, le Sichuan, c'est vert ! Et il a plu régulièrement pendant mes deux jours et demi là-bas. Chengdu est une ville plutôt moderne, finalement pas si intéressante que ça historiquement parlant. Je n'y ai pas visité de temples, mais une rue "à l'ancienne", reconstruite dans le respect des traditions, certes, mais complètement récente, et terriblement touristique par-dessus le marché. Mais la ville offre de belles promenades dans ses divers parcs et le long de la rivière qui la traverse. J'ai aussi assisté à une représentation d'opéra du Sichuan, constitué de divers arts martiaux, arts du thé, marionnettes, spectacles comiques, et surtout du fameux changement de masques (huanmian) dont personne ne connaît le secret à part ceux qui le pratiquent depuis des siècles. Une belle expérience que de pénétrer un peu plus dans la culture chinoise (et sa diversité !) malgré le contexte "pour touristes" du spectacle ; c'était quand même bien beau.

Chengdu est en fait le point de départ idéal vers le reste du Sichuan qui regorge de paysages époustouflants. Malheureusement, la plupart des plus beaux sites de la région étaient situés à des dizaines d'heures de route et je n'avais que deux malheureux jours devant moi. Je me suis contentée d'une visite à la plus grande statue de Bouddha au monde, sur un flanc de colline près de la ville de Leshan, au sud. Après avoir flâné et grimpé sec dans un havre de verdure et de temples dédiés à diverses divinités bouddhistes, le visage de l'Eveillé apparaît tout à coup parmi les buissons, à hauteur du visiteur, et c'est ensuite une longue attente pour descendre le flanc de la colline où il a été sculpté, pour en atteindre enfin le pied. Et là, on lève le nez 78 m plus haut, et on s'émerveille. Un colosse de roche presque rouge, assis dans le renfoncement que les hommes ont creusé pour lui, semble embrasser les environs et les touristes admiratifs de son regard serein. Impressionnant.
L'autre visite impérative était, bien sûr, celle de la base de reproduction des pandas de Chengdu. Au nord de la ville, sur une colline verdoyante plantée de bambou de part et d'autre, un petit paradis réservé aux gros nounours noirs et blancs. Beaucoup de jeunes, encore un peu patauds, dynamiques et voraces malgré la pluie continue, s'ébattaient dans de grands enclos où venaient d'être livrés des kilos de bambou pour leur petit-déjeuner. Un vrai plaisir de voir ces grosses boules de poils aux yeux doux mais aux canines imposantes se servir abondamment dans le tas de bambou, assis tranquillement sur leur derrière. Des jeunes aux adultes à la carrure plus impressionnante, ils étaient tous fascinants à observer. Un jeune de deux ans a fait rire tout le monde en descendant d'un arbre avec mille précautions (à se demander s'il allait y parvenir sans se vautrer par terre), puis en allant choisir un autre arbre et en faisant le tour sans réussir à trouver une prise pour grimper. Il s'est éloigné comme si de rien n'était, puis s'est tout à coup mis à courir vers un autre arbre un peu plus loin, et en a atteint la plus haute branche avec vigueur. Il nous a dominé de là dans une posture quasi-royale...et n'a échappé à l'appareil photo de personne !
On dit que les bébés pandas ont des réactions similaires à nos petits enfants ; les deux plus petits présentés au public faisaient des galipettes à répétition et se chamaillaient comme des bébés humains. Un régal.
Un chouette endroit que je ne regrette absolument pas d'avoir visité...j'aurais même pu passer des heures à observer ces beaux animaux dans leurs jeux et leur festin.
Mais il a bien fallu rentrer à Qingdao (après avoir loupé un avion et poireauté 7h à l'aéroport) et songer à un autre départ : celui pour la France, c'est-à-dire mon départ définitif de Chine pour une durée plus qu'indeterminée.
Tout le monde me demande quand je compte revenir en Chine ; s'il est sûr que j'ai officiellement l'intention d'y remettre les pieds (pour la simple et bonne raison qu'il faudrait une existence entière pour tout en voir, et je suis loin d'avoir vu tout ce que je voulais dans ce pays), je ne sais absolument pas quand je pourrai y retourner. On verra bien...
Je me prépare, le coeur un peu gros, certes, mais d'ores et déjà rempli d'excellents souvenirs. Ce voyage et cette expérience m'auront au moins apporté une certitude : il fallait que je découvre la Chine pour l'apprécier autant que je l'apprécie à présent. J'ai hâte de revenir, vraiment.

vendredi 9 juillet 2010

Dernier voyage.

Eh voilà, je viens de finir aujourd'hui mon dernier jour de stage à l'AF de Qingdao. Ce fut une journée bien sympathique, et j'ai déjà de belles photos souvenirs. Ça va assurément me manquer. Cette première expérience a été on ne peut plus positive, j'étais dans un cadre vraiment idéal pour une première fois en tant que prof, et je ne regrette absolument pas d'avoir choisi depuis si longtemps d'aller en Chine. Je m'étendrai plus sur ce que je retiens de ce séjour dans un prochain billet.

Avant ça, mercredi, j'ai passé un bout d'après-midi avec Yann qui m'a appris quelques petites astuces de photographies pas mal utiles. On a passé pas mal de temps à tester mon Reflex en immortalisant les exploits à vélo des petits garçons et petites filles qui jouaient sur la petite place tout près de son immeuble. Les enfants d'ici sont sensiblement comme les nôtres, tout en facéties et en grands éclats de rire et courses poursuite. C'était sympa comme tout.

Jeudi, j'ai animé une petite présentation de la fête nationale française. Cette petite conférence s'est bien déroulée, je suis contente, je l'ai pas mal orchestrée. C'est surtout grâce à la stagiaire qui a bien voulu faire l'interprète que j'ai une aussi bonne impression. Sans elle, la compréhension de certains mots compliqués aurait été plus hardue. Les étudiants ont eu l'air d'apprécié l'histoire et les traditions de ce jour de fête, en tout cas !


Aujourd'hui samedi, je pars pour la ville de Xi'an, dans la province du Shaanxi. J'y reste a priori deux jours, puis je pars pour Chengdu, dans le Sichuan, pour quelques jours également, avant de retourner à Qingdao et profiter des derniers jours sereinement. Un dernier petit voyage, un peu de détente, avant de grimper dans l'oiseau de fer qui me ramènera en notre verte contrée française.Je me prépare à partir tout en pensant à ma petite mamie si fragile qui est à l'hôpital en ce moment, car ça y est, son corps s'affaiblit, et j'ai peur qu'on entame une période difficile à présent. C'est un sentiment assez douloureux quand on est à 9000 km de sa famille et qu'on dépend des bribes d'informations qu'on veut bien nous transmettre.
Haut les coeurs, j'irai prier pour le rétablissement de ma mamie dans un temple bouddhiste, quelque part dans le Sichuan. Sans ferveur aucune, mais on se raccroche à ce qu'on peut.

mardi 6 juillet 2010

L'été est là.



Ça y est, le thermomètre dépasse les 30°C et il fait pas mal humide. L'air est oppressant dans l'AF, la chaleur est presque palpable. Seules les salles de cours sont munies de la clim', la salle des profs se contente d'un ventilateur qui brasse un air déjà suffocant. Bon, on s'y fait, on survit. On sait que dans d'autres villes du sud, c'est tellement pire...
A la maison, c'est encore moins agréable : malgré les fenêtres ouvertes pour faire des appels d'air aux moments les moins chauds de la journée, il fait chaud et humide aussi chez nous (mais un peu moins que dehors quand même). Dormir devient une épreuve, entre la chaleur et les moustiques qui nous assaillent de partout. L'essence de fleurs qu'on a fini par acheter semble efficace et repousse les attaques pour l'instant.
Si on ajoute à tout ça que je suis un peu barbouillée ces derniers temps, ce n'est pas la grande forme...j'espère que ça va passer, car je supporte encore moins bien la chaleur comme ça.


A part ça, mes cours à Laoshan sont officiellement terminés depuis mercredi dernier. Mon dernier cours s'est bien passé, bien qu'un de mes élèves soit tout bonnement arrivé 1h10 en retard parce qu'il était en train de boire avec ses copains....et qu'un autre soit arrivé tout essoufflé, luisant de sueur et dans le même état que son compère à la toute fin du cours, quand on a pris une photo tous ensemble ! Ils me l'avaient jamais faite avant celle-là ! XD

Bon mais le dernier élève en question m'a remis une jolie lettre rose dans laquelle il me disait avoir apprécié mes cours et me souhaitait bon courage et bonnes vacances. Je peux donc tout pardonner <3>
C'est en fait un élève plutôt timide et qui n'osait pas toujours parler en cours. Il était plus dans l'observation et l'écoute, mais je n'arrivais pas à savoir si ma manière de faire cours lui plaisait ou non. J'ai à présent ma réponse !
Comme je n'avais pas envie de finir les cours bêtement comme ça et que j'avais envie de passer encore un peu de temps avec eux en dehors de l'université, j'ai relancé l'idée qu'ils avaient proposée quelques semaines auparavant, à savoir aller chanter tous ensemble dans un KTV, le karaoke à la chinoise. Deux jours plus tard, un message me prévenait de l'heure et du lieu de rendez-vous. Prévenante, j'ai révisé mes classiques (c'est-à-dire les trois seules chansons chinoises que je peux chanter XD).

Samedi après-midi, je retrouvais donc mes élèves pour aller dans un KTV.....en panne d'électricité. Une de mes élèves me dit que c'est la période de l'année où on utilise le plus l'électricité et que ce genre de choses arrive parfois...


Alors là, j'ai pas tout compris, mais au début les filles réfléchissaient à aller ailleurs, et puis finalement on est monté à un étage plongé dans le noir absolu, pour finalement atterrir à l'étage du dessus, inexplicablement éclairé et fonctionnel comme si de rien n'était. On est entré dans une salle immense comparé à ce que j'ai pu voir au Japon. Une disposition différente aussi : une longue banquette, trois tables, un écran rigide pour choisir les chansons, deux micros et un écran géant avec rétroprojecteur pour suivre les paroles. On était à peine arrivés que deux de mes élèves se ruent sur la borne et choisissent LA chanson que je sais chanter par coeur : le clip de "Bu neng shuo de mimi" démarre à l'écran. Je sais que c'est pour ma pomme ! Et finalement, en plus, ils m'ont laissée la chanter toute seule alors que j'avais demandé à ce qu'on la chante avec moi XD ! Une des filles étant fan des Johnny's, Seishun Amigo et Daite Señorita y sont aussi passés. Certaines chansons n'avaient pas les paroles écrites, galère quand on s'en souvient plus exactement...! Au niveau du répertoire disponible, je suis un peu déçue de la manière dont c'est organisé et au niveau de l'actualisation : certaines chansons sorties il y a presque un mois ne figuraient même pas encore dans les "nouveautés", et le choix des chansons coréennes et japonaises notamment n'était pas très large. Mais bon, c'était bien sympa quand même, surtout que dans les KTV, les Chinois ont à leur disposition des maracas et des tambourins pour battre la mesure et encourager le(s) chanteur(s) pendant la chanson ! Ça fait un boucan monstre mais c'est plutôt convivial, on s'habitue...=D


Après ça, on a filé en centre-ville où on est allé dans un tout petit endroit coincé entre deux magasins, où on peut jouer à des jeux de société pendant un temps donné. Mes élèves se sont lancés dans un RPG Loup-Garou un peu incompréhensible pour moi, avant d'opter pour un jeu que je connaissais, mais doté d'une variante que je ne connaissais pas, par contre... : le Jenga "Love". Comme dans sa version classique, on a une tour composée de morceaux de bois rectangulaires qu'il faut retirer les uns après les autres sans faire s'effondrer la tour. La variante ? Il y a un gage écrit sur le morceau de bois, et il faut le réaliser...
C'est comme ça que je me suis retrouvée à devoir figurer sur une photo avec un élève quand il a tiré "Take a picture with the person you like"....dois-je vraiment y voir un message subliminal...?


Après avoir mangé un délicieux hot-pot dans un restaurant, on a pris quelques dernières photos, et je suis rentrée en me promettant d'aller voir mes chers élèves à Brest si l'occasion se présente !

A l'AF, ça y est, il ne me reste plus que 2h30 de cours à assurer vendredi matin, et mon stage sera officiellement terminé. J'ai du mal à y croire. J'ai encore plus de mal à croire que ça signifie un retour imminent en France, alors que je viens de m'installer tranquillement dans une petite vie quotidienne en Chine.


Mais ainsi va la vie, bientôt le retour au bercail et de nouvelles marques à prendre. Une question qui me taraude depuis que je suis partie devrait être enfin résolue. Je vais reprendre ma petite vie angevine et essayer de me concentrer sur mon rapport de stage. Quant à la Chine, nul doute que j'y reviendrai. Je ne sais pas quand ce sera possible, mais je suis loin d'avoir tout vu ici.

mardi 29 juin 2010

Veuillez parler mandarin, s'il vous plaît.


Il faut à présent que je fasse un topo sur le bus à Qingdao, qui est probablement représentatif du système de bus du pays entier. Etant donné que c'est mon moyen de transport fétiche ici, je me dois d'en parler, d'autant plus que les différences avec la France sont plutôt marrantes.

A Qingdao le bus est plutôt rapide, dessert tous les endroits stratégiques comme les quartiers les plus reculés, et on s'y adapte très facilement. Il ne coûte qu'1 yuan (entre 10 et 20 centimes d'euros) pour la plupart des trajets, mais sur certaines lignes il existe un forfait "plus tu vas loin, plus tu payes", qui ne dépasse jamais 3 yuan.

J'ai découvert récemment dans un bus que des consignes étaient accrochées sur les côtés en haut du bus, car elles étaient traduites en anglais, sans quoi je n'y aurais jamais prêté attention. Hormis les classiques "Keep the bus clean" et "Please don't smoke", un étonnant "Please speak mandarin chinese" m'a sauté aux yeux. Pas de dialecte dans le bus ? Ils s'imaginent qu'une telle consigne peut être si facilement suivie ? En plus même les chauffeurs ne parlent pas qu'en mandarin. Qui pourrait empêcher une Chinoise de brailler en dialecte du Shandong dans son téléphone portable ? Personne en tout cas ne semble appliquer cette curieuse règle...

Pour aller jusqu'à mon lieu de stage, je dois donc prendre le bus. Une seule ligne passe à 10 mn à pied de chez nous et conduit directement jusqu'à l'AF, sinon il faut marcher 20 mn de plus pour avoir plus de choix. Ici, pas d'horaires précis ni de plan des différentes lignes disponible (il y en aurait environ 300 dans tout Qingdao...). Un peu comme en Irlande, il y a des horaires de début et de fin de service pour chaque ligne, mais il faut être un habitué pour connaître à peu près la fréquence des bus, qui varie de moins de 5 mn à 15 mn en moyenne. Notre bus, le sacro-saint bus n°125, se fait généralement attendre comme le messie. On se retrouve assez régulièrement à poireauter à l'arrêt pendant ce qui paraît des siècles, pour finalement le voir arriver à l'horizon....bondé. Comme d'habitude.


Eh oui, le problème des bus chinois, c'est que la plupart sont des bus simples, que tout le monde semble trouver commodes pour se déplacer, qui plus est. Du coup, il y a souvent pas mal voire beaucoup de monde à l'intérieur. L'horaire le plus pratique semble être le début d'après-midi, quand on est à peu près sûr que tout le monde est à l'école ou au travail. Le 125 semble cependant faire exception, plein comme un oeuf assez régulièrement dans la journée.

Question pratique, donc : comment prend-on le bus en Chine ?

Deux possibilités : il y a des bus avec une petite boîte à l'avant qui permet d'insérer sa monnaie directement, et une petite borne juste en dessous pour ceux qui ont des cartes de transport magnétiques. Dans ceux-là, on rentre forcément par l'avant, on fourre ses billets ou pièces dans la fente et on part se trouver une place potentielle.

Dans les autres bus, c'est "à l'ancienne" et c'est mon système préféré, je ne m'en lasse jamais : il y a une ou un préposé(e) aux tickets qui passe sa journée à arpenter le bus de long en large pour donner leur ticket de bus aux gens. Ce sont souvent des femmes, plus ou moins souriantes, plus ou moins braillardes. Armées de leur sacoche, véritable coffre-fort ambulant de billets de 1 yuan, et de leur petite boîte en bois contenant de minuscules papiers de différentes couleurs (qu'elles ne lâchent jamais, même dans les virages !), elles demandent aux passagers qui viennent de monter où ils vont, en déduisent le prix du ticket à donner, prennent l'argent, font la monnaie si besoin, et tendent le ticket de la couleur appropriée à la personne. Et là, il arrive bien souvent une chose surprenante : dans 80% des cas, le passager s'en contre-fiche de ce bout de papier qui ne sert pas à grand-chose finalement, et fait un geste de la main en disant "j'en veux pas". Alors, la préposée le laisse tomber par terre. Oui, oui, tout simplement. Dans ces bus, on se retrouve donc à marcher sur un sol jonché de petits papiers qui tourbillonnent quand les fenêtres sont ouvertes. Ce n'est qu'une fois au terminus que la préposée passe un coup de balai pour les ramasser. Ils ne servent donc strictement à rien. Belle façon de gaspiller allègrement du papier...!

Le matin, c'est donc toujours le même rituel : le bus arrive à l'arrêt, ouvre ses deux portes. Les passagers qui descendent se pressent, déjà à moitié bousculés par ceux qui n'attendent que de monter le plus vite possible (des fois que le bus partirait sans eux). Caroline et moi, les deux seules étrangères tous les matins, devons nous coincer entre les gens et nous tenir du mieux possible aux poignées ou, faute de mieux, aux barres métalliques du bus. La préposée aux tickets n'est jamais bien loin ; elle nous demande où on va, on paye, je garde mon ticket, Caro le laisse tomber, et nous voilà embarquées. Les fenêtres ont beau être largement ouvertes, autant de personnes concentrées au même endroit, ça dégage une sacrée chaleur...!

Une voix pré-enregistrée annonce chaque arrêt (et je les connais tous par coeur à force XD), et il est écrit au même moment sur les télévisions du bus. Car oui, dans le bus, il y a deux petits écrans où sont diffusés à peu près toujours les mêmes choses : pubs de glaces, reportages sur les belles initiatives de l'Expo de Shanghai et interview d'enfants sur le sujet, pubs de produits amincissants, pubs de glaces, retours sur les matches de foot, pubs de glaces, défilés de mode louches avec toujours la même musique en fond sonore (musique que mes parents passaient en boucle dans la voiture quand j'étais petite, choc). En gros, chaque semaine il y a des petites nouveautés au sein de ces programmes pré-établies, mais les pubs restent inchangées pendant des semaines et passent toutes les deux minutes environ. Très agaçant de voir tout le temps la même fille en robe légère se promener dans un beau paysage vert, et sortir une belle glace verte (aux pois verts en plus, ils sont fous ces Chinois XD) de son emballage vert et la savourer d'un air inspiré dans la nature.
En plus, quand on crève de chaud, ça donne réellement envie de manger une glace (mais pas aux pois verts, hein). Les fourbes !

Et puis après 20 minutes environ, quand on ne peut plus voir leurs pubs en peinture mais qu'on connaît pourtant chaque phrase par coeur avec l'intonation, on descend avec allégresse (et en se faisant bousculer par deux ou trois personnes au passage) à son arrêt et on se rend au travail.

Et le soir, on n'en peut plus, on va s'acheter une glace.

jeudi 24 juin 2010

Observations diverses.

Un petit florilège de choses que j'observe ici et qui, je pense, valent le détour !


Les couples

J'ai parfois l'impression que c'est le pays des couples, ici. Les étudiants surtout sortant ici très souvent en couple, on les voit partout, partout, partout. Sur le campus de Laoshan, on compte plus souvent les étudiants par paires mixtes que par groupes de plusieurs personnes...
Le couple chinois citadin de base est à mi-chemin parfait entre le couple japonais et le couple français. Contrairement aux Japonais, on trouve souvent (voire pratiquement tout le temps) les Chinois bras dessus, bras dessous. Ils n'hésitent jamais à se tenir par la main, les filles tiennent aussi souvent leur chéri par le bras. Elles n'hésitent pas non plus à s'asseoir sur les genoux de leur cher et tendre s'il n'y a qu'une place libre dans le bus. Ils ont un sens tactile très fort, et montrent beaucoup de signes d'affection par ce biais. Ce qui fait qu'on a vraiment l'impression que les filles sont littéralement collées à leur copain dans les transports en commun.
En revanche, contrairement à par chez nous, pas de baiser en public. Autant on affiche sans vergogne son statut de "couple" par des marques d'affection prononcées dans la rue, les transports, les lieux publics, etc., autant les règles sociales semblent les avoir tolérées jusqu'à cette étape précise. Ça s'arrête naturellement là, semble-t-il. De jour, du moins. Car à la nuit tombée, on dirait que c'est une autre histoire. En passant dans une petite rue très faiblement éclairée dans un quartier résidentiel, j'ai quand même failli rentrer dans un petit couple d'étudiants, disons....fort occupés à se voler un baiser dans l'obscurité ! Et les deux tourtereaux qui les suivirent deux minutes plus tard semblaient n'attendre que ça eux aussi. Les Chinois se dévergonderaient-ils seulement la nuit ? =D
Autre petit détail marrant, un concept unique ici et une mode qui semble se répandre de plus en plus : on croise partout des couples portant le même T-shirt. Même couleur, mêmes inscriptions, un pour monsieur, un pour madame. Cela donne des véritables farandoles de couples assortis parfois. Caro et moi on s'amuse souvent à compter le nombre de couples que l'on voit ainsi chaque jour...

Les amis

Dans l'ensemble, les Chinois semblent avoir une conception de l'amitié très proche de la nôtre. Il y a cependant une différence de proximité. Je ne sais pas exactement pour les garçons, qui trahissent moins bien leurs liens entre eux, mais les filles peuvent être extrêmement proches de leurs amies. Preuve en est deux de mes élèves, qui sont systématiquement collées l'une à l'autre en cours, qui parlent parfois exclusivement entre elles, qui se touchent gentiment le bras ou l'épaule. Une grande affection trahie par ces petits gestes. Les filles peuvent aller jusqu'à prendre leur meilleure amie par le bras, voire lui tenir la main, les doigts parfois carrément entrelacés sans que cela n'exprime quoi que ce soit d'autre qu'une très forte amitié. J'ai même parfois vu des garçons bras dessus bras dessous. Plus généralement, j'ai l'impression que le sens tactile est bien plus naturel ici. Que ce soit les couples, les amis entre eux, et même les personnes qui ne se connaissent pas ou peu, il y a une plus grande proximité entre les gens.

Les enfants

Eh oui, comment passer à côté ! Les enfants eux aussi sont partout. La Chine est incontestablement le pays des enfants. Les parents semblent très impliqués dans l'éducation de leur enfant, et passent beaucoup de temps avec lui. Je vois souvent les deux parents et leur enfant en promenade ensemble, pas seulement le week-end. Je parle au singulier parce que, évidemment, nous sommes dans un pays qui pratique la politique nataliste. Quoique je vois de plus en plus de familles de deux enfants dans la rue ! On dirait que les gens commencent à se lasser de la loi de l'enfant unique...
Encore plus qu'au Japon, les grands-parents sont dévoués à leurs petits-enfants. Ils sont très nombreux à emmener les tout-petits se promener dans les parcs et ramener les élèves de primaire chez eux quand leurs parents travaillent. J'ai l'impression qu'ils jouent un rôle fondamental dans l'éducation des enfants ici.
Les enfants sont rois, voire même empereurs en Chine, c'est de notoriété publique. Tout est fait pour leur bon plaisir. De nombreux endroits de la ville leur sont dédiés, et on leur offre pratiquement tout ce qu'ils veulent. Au zoo de Pékin, c'était fascinant : on aurait dit que TOUS les parents de la ville avaient décidé de converger jusque là pour montrer à leur progéniture les animaux sauvages. Les enfants, souvent très jeunes, ne trouvaient qu'un intérêt limité aux animaux derrière leur vitre ou leur grillage, et couraient partout ailleurs, ravis des divers endroits qui leur étaient entièrement consacrés. Je n'en ai pratiquement pas croisé un seul qui n'avait pas soit une glace, soit une barbe-à-papa dans la main. En plus d'une peluche ou d'un gadget divers acheté à l'un des innombrables stands ruineurs de parents dociles. Les enfants tapent sur les vitres des animaux alors que c'est écrit qu'il ne faut pas le faire, personne ne réagit. Les enfants jettent des bouteilles en plastique dans la fosse aux pandas alors que c'est écrit qu'il faut pas le faire, mais personne ne leur dit rien. J'en ai vu quelques un faire d'énormes caprices en pleine rue, pendus au bras de leur mère, mais pas plus terribles qu'en France.

Les animaux de compagnie

Un remake du Japon, en pire. Ici aussi, on vénère les petits chiens ("à sa mèmère", dira-t-on). Mais par "tendresse", on les laisse manger n'importe quoi. Et c'est comme ça qu'on se retrouver avec d'énormes saucisses courtes sur pattes qui peinent à se déplacer décemment. Il y en a plein dans mon quartier, que leurs maîtres promènent souvent au moment où je rentre chez moi. Teckels, caniches et autres chiens de petite taille, il y en a au moins trois sur cinq qui sont bien trop gros. Fort heureusement, on croise aussi, mais plus rarement, des chiens classieux de plus grande taille, comme des sortes de loulous blancs ou des golden retriever. Hormis un petit caniche affublé de petites chaussures noires et blanches, je n'ai pas vu de chiens habillés comme au Japon. Espérons que ça n'arrive jamais...
On apprécie apparemment les petites bestioles. Les petits rongeurs et les oiseaux exotiques ont l'air assez populaires. Les lapins et cochons d'Inde sont vendus dans des cages minuscules, mais je ne sais pas si on les met ailleurs ensuite. Dans une pseudo-boutique d'animaux, il y avait un scorpion dans un mini-aquarium de fête foraine, et un agglutinement de tortues dans un petit bac juste à côté.
Ici aussi, on ne garde guère les chats à la maison, ils vivent plutôt dans la rue. Comme on s'en doute, personne ne castre les mâles, et j'ai donc droit à des cris et autres feulements de chats qui se battent dans la cour sous ma fenêtre. L'autre fois, un soir, j'ai entendu les pleurs d'un chaton perdu, et je ne pouvais que prier pour que sa mère le retrouve. Seulement le lendemain matin, j'entends de nouveau le chaton en allant travailler, mais n'arrive pas à le voir ni à savoir d'où provient sa voix. Le soir, rebelotte, mais cette fois-ci, dans l'obscurité, je cherche un peu et découvre une minuscule boule grise qui me regarde m'approcher, surprise, qui miaule un coup puis court de ses toutes petites pattes se réfugier dans des buissons. Même pas 1 mois d'existence, c'est sûr. Le gardien du parking d'à côté me regarde, un peu plus loin. Il doit avoir ce chaton sous les yeux depuis le début mais ne fait rien. J'aurais été en France, j'aurais poursuivi le bébé chat jusqu'à réussir à l'attraper pour m'en occuper ou le donner à la SPA. Mais ici...ici ça n'existe pas, et de par mon statut d'étrangère ici seulement pour quelques mois, je ne pouvais pas m'occuper de ce petit bout. Je l'ai encore entendu depuis ma fenêtre plus tard, et ça m'a fendu le coeur de ne rien pouvoir faire. Un peu après, je suis partie à Pékin. Depuis mon retour, je n'entends plus rien.

lundi 21 juin 2010

Pékin ou la grandeur du passé.

Quatre jours. Peu de temps finalement, pour une vadrouille dans la dernière cité impériale de Chine. Mais de quoi laisser suffisamment d'étoiles dans les yeux, en plus de l'envie d'y retourner un jour.

Pékin est une capitale fascinante (elle aussi). Il y subsite, en son coeur, les vestiges d'un passé glorieux, celui des deux dynasties qui en on fait leur capitale, et celui, plus discret, mais tout aussi enchanteur, des hutong, les quartiers populaires encombrés de vélos qui donnent aux abords de la Cité Interdite un air de village aux rues étroites étendu sur des kilomètres.




Le modernisme des quartiers périphériques, qui encerclent ce noyau dur de tradition, le menacent mais ne l'ont pas encore atteint entièrement. Il y a bien des hutong qui sont déjà passés sous les pelleteuses, mais une grande partie subsite encore et, j'espère, fait suffisamment le bonheur des touristes pour qu'on ait pas l'idée de les supprimer prochainement eux aussi.

Je n'ai guère flâné dans les quartiers ultra-modernes. J'en ai vu un peu, pourtant, notamment Xidan, l'équivalent du quartier de Shibuya au Japon pour sa population de jeunes au mètre carré. Mais ce ne sont pour moi que de vagues redites du CBD de Qingdao ou de Tokyo. Ce n'est pas ce que je recherche avant tout à Pékin, aussi ne me suis-je pas prise de passion pour les buildings ici comme je l'ai fait à Hong Kong. L'atmosphère n'est pas la même. A vrai dire, Pékin me donne l'impression d'être comme Paris : une capitale basse, que les immeubles modernes enlaidissent.





Et que voist-on à Pékin, en quatre jours ? Un fourmillement constant de gens, pourtant pas aussi dense que dans la capitale japonaise ; une atmosphère unique, bien différente de l'air marin de Qingdao ; une vie tenace qui s'accroche aux hutong où les voitures ne peuvent entrer qu'avec difficulté. Des monuments, bien sûr, ancrés dans un paysage encore pas trop défiguré. Une Cité Interdite plus majestueuse que ce que l'on peut imaginer en regardant de simples clichés. Une Cité un peu vide, peut-être, car ses plus beaux palais ne sont pas visitables et certaines parties sont en reconstruction. Mais la traversée de l'enceinte du sud vers le nord, conformément à la tradition, même sous un soleil écrasant, laisse un sentiment indescriptible. Il faut essayer d'occulter tous les touristes chinois si bruyants autour de soi, et se croire seul au monde dans ce grand rectangle de murs rouges et de tuiles orangées. Une fois arrivé à la Porte Nord, on ne s'arrête pas là. Un dernier effort mène à la récompense suprême. Une fois les quelques marches de la Colline de Charbon gravies, on accède à une pagode à son sommet....et on n'a plus qu'à ouvrir grand les yeux, s'asseoir si possible, et se sentir le roi du monde si on veut.






Pékin renferme un autre bijou, très fréquenté des touristes mais tellement appréciable, surtout en y arrivant peu avant la fermeture : le Temple du Ciel. Arriver par la Porte Sud accentue le suspense ; on passe tout d'abord par l'Autel du Ciel, qui donne tout sauf l'impression d'être en Chine.

La Voûte Céleste Impériale ensuite, ce petit temple rond annonçant dans son architecture à quoi va ressembler le dernier élément de cet ensemble sacré, flanqué de ses deux bâtiments annexes.

Et puis, enfin l'endroit le plus célèbre et probablement le plus beau : la Salle de Prière pour de Bonnes Moissons. Fraîchement restauré, brillant de toutes ses couleurs, il trône au milieu d'en enceinte carrée comme les deux temples précédents. Le soleil qui décline lentement fait resplendir ses tuiles bleues et les dorures qui serpentent sur ses murs. La contemplation est courte, mais appréciée à sa juste valeur.

"Celui qui n'a pas gravi la Grande Muraille n'est pas un brave."
Qui ne va pas à la Grande Muraille pendant un séjour à Pékin n'est pas un bon touriste.
Suivant ces deux adages (dont un qui n'engage que moi =D), une visite au plus grand mur du monde s'imposait. Et ça valait le coup. Evitant le site de Badaling, le plus célèbre et l'un des plus beaux, certes, mais le plus blindé de monde (et je n'aurais guère apprécié d'avoir uniquement des têtes noires grouillant sur un mur, en guise de clichés...), nous avons gravi les marches conduisant à la Muraille sur le site de Mutianyu, au paysage un peu plus sauvage. Premier moment d'excitation en apercevant un fort à travers les arbres. Et puis, un mur de 8 mètres de haut nous fait face. Un instant plus tard, aussi fières que si c'était sur la Lune, nous posons le pied sur la Grande Muraille de Chine, la seule, l'unique, la vraie. Et c'est parti pour 2h30 de contemplation, de marche, de sueur et de soupirs d'aise sous une chaleur humide qui ne gâche pourtant pas la vue imprenable qui nous est offerte.
Pour faire dans l'original, nous avons craqué pour un retour à la civilisation pour le moins original : le toboggan. 1.5 km de piste, armées d'un petit bolide avec un frein/accélérateur, qui serpente dans la forêt au pied de la muraille jusqu'aux parkings et allées touristiques. Toujours plus sympa que de bêtes télésièges...

On doit ajouter à tout ça un succulent dîner dans le meilleur restaurant de canard laqué de la ville, quelques promenades agréables et des rencontres amusantes dans les boui-bouis où nous sommes parties en quête de nourriture. Des orages impressionnants aussi, aux éclairs multiples et aux coups de tonnerre tonitruants. Une brève promenade dans le zoo de Pékin pour apercevoir les grands pandas, gentiment assis dans un coin, occupés à grignoter leurs feuilles de bambou.

Et une dernière visite avant de reprendre le train, celle du Palais d'Eté, affectionné par les derniers empereurs chinois, notamment l'impératrice douairière Cixi, qui y a longtemps résidé. Un vaste jardin, un grand lac où pullullent les barques et pédalos, une île et un pont majestueux, mais surtout, hormis bien sûr des palais impériaux et une long galerie de promenade longeant le lac, un superbe ensemble de temples bouddhiste dont les noms laissent rêveur : Palais des Nuages Ordonnés, Pavillon des Fragrances Bouddhiques, Pavillon de la Mer de la Parfaite Sagesse. Là encore, une architecture, des paysages et des vues magnifiques. L'ascension du sommet de la Colline la Longévité Millénaire est éprouvante mais les alentours en valent largement la peine. On s'y ressource un instant, un long instant particulièrement agréable si un vent frais s'en mêle. On comprend tous les empereurs qui sont venus se promener ici, on les envie même d'avoir pu le faire sans hordes de touristes de part et d'autre.

On redescend cependant dans le monde des humains, on va jeter un coup d'oeil au célèbre bateau de marbre, "symbole de l'immobilisme impérial" au moment où l'Empire n'en avait plus pour très longtemps. Et comme on n'a soi-même guère de temps devant soi, on quitte ce havre de verdure et de paix relative (les touristes étant des créatures bruyantes au possible) et on fait en sorte d'avoir son train. On rêve à tout ce qu'on a vu en quatre jours. On sait que Pékin ne se résume pas à ce qu'on y a vu, on voudrait déjà l'explorer encore un peu plus la prochaine fois. La prochaine fois, quand on posera de nouveau le pied, conquérant tel un lointain Empereur, dans la capitale chinoise, qui est bien loin d'avoir révélé tous ses mystères.